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LES YACHTS CLASSIQUES
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LETTRE DE JOSHUA n°8 : juin 2011
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photo Pascal Couillaud : Sir Robin Knox-Johnston sur le pont du « Joshua », le bateau de Bernard Moitessier, à La Rochelle. |
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PRESSE : visite de Robin Knox-Jonston qui gagna le 1er Golden Globe à bord de Joshua
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Le 22 avril 1969, quand il entre dans le port anglais de Falmouth à la barre de son « Suhaili », sous les yeux de 300 000 admirateurs et des téléspectateurs de la BBC (en direct !), Robin Knox-Johnston devient une légende de la voile. À 30 ans, cet ancien capitaine de la marine marchande devient le premier marin à boucler un tour du monde en solitaire sans escale. Le seul… ou presque. Alors qu'il était en tête du Golden Globe, remontant l'océan Atlantique, le Français Bernard Moitessier a brusquement viré de bord et mis le cap vers le Pacifique, à bord de « Joshua », laissant la victoire et la gloire au navigateur anglais.
« Dans une lettre, il m'a écrit que c'est lui qui aurait dû gagner. Je lui ai répondu : "Pas sûr" », sourit sir Knox-Johnston, anobli en 1995, aujourd'hui patron de Clipper Ventures, la société qui organise la course en solitaire autour du monde avec escales, Velux 5 Oceans, dont le départ sera donné aujourd'hui au large de La Rochelle (1). La Rochelle, où est conservé « Joshua », pièce majeure du Musée maritime. Le premier vainqueur du Golden Globe n'a pas manqué l'occasion de monter à bord du ketch à la coque rouge.
« Il est un peu plus grand que "Suhaili", qui mesure 32 pieds et 5 pouces (9 mètres). J'avais l'intention de l'amener à La Rochelle, mais il est en réparation. Les deux voiliers ont déjà navigué ensemble, à Brest, en 2004 », se rappelle le seul Britanique désigné trois fois marin de l'année. Sa stratégie : « Survivre ! »
D'autres souvenirs lui reviennent. « J'ai construit "Suhaili" à Bombay et je l'ai amené en Europe, avec mon frère et un ami, en passant par le cap de Bonne-Espérance. Ça m'a servi de préparation pour la course, qui devait partir le 31 octobre. Elle était organisée par des journalistes du "Sunday Times" qui ne connaissaient rien à la voile. Ils ne savaient pas que les petits bateaux doivent passer le cap Horn avant la fin de l'été. Finalement, ils ont changé les règles. »
Robin Knox-Johnston a quitté Falmouth le 14 juin, vingt jours avant Bernard Moitessier, le seul des neuf concurrents précédé d'une solide réputation de navigateur. « Je savais qu'il réussirait à boucler le tour du monde », remarque le skipper anglais, dont la stratégie se résumait alors en un mot : « Survivre ! ».
Sa cabine pleine de boîtes de conserves de la British Navy, plus 12 bouteilles de whisky, l'Anglais table sur une course de 300 jours, mais son pilote automatique tombe en panne après avoir passé l'Australie. Il reste 18 heures d'affilée à la barre de son voilier, un livre de poésie à la main pour passer le temps. La radio, elle, est à demi-morte.
« J'aimais ça. Aujourd'hui, quand je suis en mer, si le téléphone sonne plus de deux fois, je demande à ce qu'on me laisse tranquille ! » En Nouvelle-Zélande, « Suhaili » reste coincé cinq heures sur un haut-fond, puis repart avec la marée montante. « Des avions me cherchaient. C'est là que j'ai appris que Bernard avait cinq semaines d'avance. » Une seule rencontre
Arrivé au cap Horn, « Suhaili » n'a plus que trois semaines de retard sur « Joshua », mais Moitessier, « heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme », décide de quitter la course. « Le capitaine d'un cargo français que j'ai croisé m'a appris la nouvelle. Je ne l'ai pas cru. Deux jours avant mon arrivée, les bateaux venus à ma rencontre m'ont confirmé ma victoire. J'ai vidé une demi-bouteille de whishy sur le pont, j'ai bu l'autre moitié ! »
Robin Knox-Johnston et Bernard Moitessier (disparu en 1994) ont longtemps entretenu une correspondance, mais ne se sont rencontrés qu'une fois, en 1992, au lancement du Trophée Jules-Verne à Paris.
« J'ai compris pourquoi il avait quitté la course. Il ne voulait pas que le voyage s'arrête.»
Et vous, sir, n'avez-vous jamais eu envie de l'imiter ? « Toujours », répond-il en souriant.
(1) Cinq bateaux quitteront le bassin des Chalutiers à 14 heures. Le départ de la course sera donné à 16 heures.
Sud Ouest 17 octobre 2010 article de FREDERIC ZABALZA
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Enfin les plans de Joshua !
Très bonne nouvelle pour les amoureux de Joshua en général et les amateurs de modélisme en particulier : la revue "Bateau modèle", référence reconnue dans le domaine du modélisme naval, nous gratifie, dans son numéro 76 d'août-septembre (sortie en kiosques le 27 juillet 2007), d'un article copieux sur Joshua, le ketch de Bernard Moitessier (il s'agit de la 1ere partie, la suite dans le numéro 77). Au programme : de nombreuses photos du bateau grandeur nature prises en navigation et à quai à La Rochelle, mais aussi la construction par l'image et par le texte de la maquette de Joshua au 1/10e, réalisée d'après les plans modélistes de la revue. Plan en 3 planches avec couples dessinés séparément. Rappelons le nom de l'architecte de Joshua : Jean KNOCKER. Plans à commander à la revue au prix de 36 euros, frais d'envoi inclus pour la France métropolitaine. Autres destinations, consulter l'éditeur (J2P Editions, Bateau modèle, BP 20, 38540 Heyrieux. Tel & fax : 04 78 96 31 08. Site : www.bateaumodele.com
Les Mémoires de "GUN" (1)
Propos recueillis par Henry Wakelam - Les Jardiniers de la mémoire maritime "Je me souviens vaguement que je suis né en Allemagne en 1954, et qu'après un long voyage, je suis arrivé dans un magasin d'armes à Durban, Afrique du Sud. Un jour, un homme qui s'appelait Bernard (2) me prit, me coinça dans un étau après avoir fait la même chose à d'autres fusils dans le magasin, et m'essaya pour tester ma précision. Je passai le test et, après que l'armurier m'ait équipé du ressort le plus long que je pouvais porter, Bernard m'emporta. Bernard m'utilisa chez lui, qui était un bateau, pour cracher du plomb sur les cormorans qu'il plumait, vidait et cuisait dans la marmite à pression avec abondance de curry en poudre "Atomic" acheté au marché indien. Mais Bernard ne semblait pas très content quand les cormorans qu'il visait au haut de son mât s'envolaient simplement en laissant une dégoulinée de merde… Après un certain temps il sembla m'oublier et il partit en mer avec son "chez lui" flottant jusqu'à Capetown. Je me souviens vaguement l'avoir entendu parler, tout en mangeant du cormoran, à un homme qui, appris-je, s'appelait Henry (3), de billes métalliques que lui, Bernard, récupérait de roulements à billes qu'il démolissait à son travail. "Ces billes", dit-il "projetées d'un simple morceau de branche avec des bandes de chambre à air (4)", remplissaient bien mieux son estomac avec du cormoran qu'avec mes morceaux de plomb. Henry m'acheta de Bernard et me voilà crachant du plomb, mais même Henry trouva que c'était plus facile d'assommer un pingouin sur la cale de halage avec un aviron ou de l'accrocher en essayant de pêcher un maquereau qui était chassé par les pingouins. Ainsi les pingouins allaient dans la marmite à pression. Je suis resté 50 ans avec Henry, crachant du plomb de temps en temps. Lui aussi m'oublia et mon bois fut cassé sous une pile de bordel dans un énorme bateau (5). Là je fus trouvé par un jeune Antillais qui me vola pour cracher du plomb sur toutes sortes d'oiseaux, mais il fit une bêtise en soudant une mire de fantaisie au bout de mon baril, me faisant jeter du plomb de façon erratique. Henry me récupéra et coupa l'extrémité endommagée de mon baril. A nouveau je fus oublié jusqu'à ce que Noah, fils d'Henry et Yannick (6), maintenant en Nouvelle Zélande me retrouve derrière une maison qu'ils y avaient construite. Noah était petit, alors, pour l'aider à apprendre à lire, Henry écriva 'GUN' sur ma crosse. Henry était triste que je sois négligé et en train de rouiller, alors, un jour, il demanda à un homme nommé Paul (7) s'il connaissait une maison de retraite pour moi. Celui-ci a trouvé un yacht français, le "Lève-Rames" et ses propriétaires, Gilles et Hélène (8), m'ont amené de Nouvelle Zélande en France avec eux; voilà comment je suis arrivé ici! Bernard nous a quitté et bientôt ce sera le tour de Henry et Paul, mais je reste ici pour aider à garder vivant les souvenirs. Signé "GUN", le 28 juin 2007, en Nouvelle Zélande"
(1) "Gun" est une carabine à air comprimé (2) Bernard Moitessier (3) Henry Wakelam (4) Lance-pierre, fronde (5) Que Henry avait renfloué et tachait de remettre en état. (6) Epouse de Henry (7) Paul Farge, ancien équipier de J-Y Le Toumelin sur le Kurun jusqu'à Tahiti (8) Gilles & Hélène Blaisot
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MUSEE MARITIME, Place Bernard Moitessier BP 3053 17 031 La Rochelle CEDEX 01
Tel : 05 46 28 03 00 - Fax : 05 46 41 07 87
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